Message de Monsieur Inoussa OUSSEINI

Ministre de la Communication et de la Culture de la République du Niger

à l'occasion de la journée mondiale des télécommunications du 17 Mai 1997

 

 

La Journée mondiale des télécommunications célébrée sous le thème "Télécommunications et aide humanitaire" , intervient cette année au Niger dans un contexte de difficultés croissantes : les récoltes n'ont pas été à la hauteur des attentes et les prévisions du Système d'alerte précoce ont mis à nu le fragilité de notre écosystème dont la vulnérabilité soumet aujourd'hui de nombreuses populations des aires agro-pastorales, aux affres de la pénurie et de l'insécurité alimentaires.

Cette journée mondiale intervient également à un mois d'intervalle du crash aérien qui a endeuillé la nation toute entière et singulièrement, la famille militaire du Niger.

En cette circonstance solennelle, je vous invite à observer une minute de silence à la mémoire des victimes et de tous ceux qui, en cette année 1997, ont succombé des suites d'une catastrophe naturelle et/ou artificielle.  

Mesdames, Messieurs,

Si je me suis quelque peu attardé sur la notion de l'insécurité alimentaire et évoqué, avec beaucoup d'émotions la catastrophe aérienne qui à endeuillée notre pays, c'est parce que ces deux événements s'inscrivent dans la droite ligne du thème de cette Journée mondiale des télécommunications, à savoir "Télécommunications et aide humanitaire" .

Est-il possible de véhiculer une information, même essentielle, lorsque les moyens techniques de communication font défaut ou sont peu efficaces et fiables ?

Des éboulements de terrain sur les sites aurifères de Koma-Bangou dans la vallée de la Sirba en passant par les inondations occasionnées par les débordements de la Maggia Ader dans le département de Tahoua, les accidents mortels sur nos routes ou les affrontements meurtriers engendrés par l'intolérance et l'incompréhension : tous ces événements vécus nous autorisent à dire que la problématique Télécommunications - Aide humanitaire, s'appuie fondamentalement sur le socle de l'information et de la communication dont elle constitue par ailleurs la raison d'être.

Dans tous les cas de figure, la communication et les moyens mis en oeuvre par les pouvoirs publics, les institutions et associations caritatives et la société civile, ont permis de sauver des vies, d'apaiser des esprits et bien souvent, de prévenir des catastrophes.

En adhérant aux idéaux de l'Union Internationale des Télécommunications fondée depuis près d'un siècle et demi, le Niger s'est engagé à agir et, chaque année, en pareille circonstance, il réaffirme cette détermination à prévenir et à éviter les tragédies, à secourir les populations en détresse et s'engage à se doter de moyens techniques adéquats à la hauteur de ses ambitions.

Je saisis d'ailleurs cette opportunité pour remercier, au nom du gouvernement et du peuple du Niger, les représentants du système des Nations-Unies pour l'aide précieuse et le soutien inestimable qu'ils n'ont jamais cessé de nous apporter tant dans leurs programmes d'assistance et d'aide d'urgence que dans leurs actions ponctuelles au profit des populations déshéritées.

Mes remerciements s'adressent également à la Croix Rouge nigérienne, à l'armée nigérienne et à toutes les institutions et bonne volontés qui, dans des situations d'urgence, ont tout mis en oeuvre pour secourir, soigner, accueillir, apaiser et aider les populations victimes des catastrophes.

Mesdames, Messieurs,

Si les radios-communications occultent aujourd'hui le Morse comme moyen de communication internationale, il faut dire, en vérité, que la technologie des télécommunications s'est enrichie de nouveaux appareillages fonctionnels, efficaces et d'une précision à toute épreuve.

Je pense en particulier aux GMPCS, les systèmes mobiles mondiaux de communication personnelle par satellite qui sont capables de fonctionner même lorsque le réseau téléphonique local est hors service et qui présentent l'avantage de communiquer avec le reste du monde pendant les opérations de grandes catastrophes.

Je pense également aux vertus de la téléphonie mobile qui permet aux secouristes d'établir des liaisons fiables, d'évaluer et de coordonner toutes les mesures d'urgence en cas de catastrophe.

Evidemment, toutes ces technologies coûtent, mais je puis, d'ores et déjà, vous assurer que mon département ministériel n'épargnera aucun effort pour doter le Niger de moyens de télécommunications haut de gamme et permettre ainsi aux Nigériens d'aborder, de plain-pied, le III Millénaire.

Mesdames, Messieurs,

Le Monde, notre monde d'aujourd'hui est un monde de communication et d'interaction où les télécommunications rapprochent non seulement les continents, mais ouvrent chaque pays aux courants d'une pensée universelle que la mondialisation de l'économie et la globalisation des échanges tendent de plus en plus à uniformiser.

C'est pourquoi, le Niger s'est engagé dans le processus de restructuration du sous-secteur des télécommunications pour s'adapter et s'ouvrir davantage au reste du monde. Cette restructuration qui a pour objectif de rendre ce secteur dynamique et concurrentiel nous permettra sans nul doute de :

- Désenclaver certaines localités du pays;

- Offrir une meilleure qualité de service à un coût moindre;

- Numériser totalement le réseau de transmission et de commutation;

- Poursuivre la modernisation des réseaux locaux;

- Installer de nouvelles stations terriennes et liaisons hertziennes.

A cela s'ajoute évidemment notre volonté d'améliorer les communications rurales par la création de plus de 300 points d'accès au service téléphonique dans les zones rurales et permettre surtout une accessibilité au téléphone, inférieure à 20 km pour une grande majorité des populations nigériennes.

Mesdames, Messieurs,

Depuis le naufrage du Titanic et la noyade de quelque 1 500 passagers dans la nuit fatidique du 14 avril 1912, la notion de télécommunications et de secours a beaucoup évolué, en particulier après l'adoption de la Convention internationale pour la sauvegarde en vie humaine et le Règlement des radio-communications tant en ce qui concerne les secours en mer, à terre que dans les opérations d'urgence.

L'adoption prochaine de la Convention internationale sur l'utilisation efficace des équipements de télécommunications et la suppression des obstacles réglementaires qui gênent les opérations de secours au niveau international, confortent l'idée que, désormais, la solidarité et l'entraide pourront s'exercer en toute plénitude.

Puisse donc, cette Journée mondiale des télécommunications qui intervient à quelques jours seulement du Forum national sur la communication, nous ouvrir les voies de l'optimisme et permettre à chaque pays de vivre et de se développer dans la paix et la sérénité.

Je ne saurai terminer sans louer le travail remarquable réalisé par l'Union Internationale des Télécommunications et singulièrement par PEKKA TARJANNE, son Secrétaire général, qui est convaincu que tous les hommes sont frères et que le malheur des uns doit être ressenti comme le drame de tous.

Le thème de cette Journée mondiale des télécommunications doit apparaître, aux yeux de tous, comme un facteur essentiel de l'humanisation des relations entre Nations et la preuve que, maintenant, l'homme doit cesser d'être un loup pour l'homme.